VHU en Guadeloupe : le problème demeure, malgré les efforts

Par Arnaud Murati | Le 30/07/2021 | Environnement

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Les carcasses de Véhicules hors d’usage (VHU) abondent au bord des routes et sur les terrains privés de la Guadeloupe. L’association TDA VHU, financée par les constructeurs automobiles, ne ménage pourtant pas sa peine pour solutionner le problème. Les poursuites judiciaires seront-elles la seule solution pour parvenir à nettoyer durablement l’île ?

Les routes de Guadeloupe peuvent quelquefois ressembler à un musée de l’automobile à ciel ouvert. Il faut dire que l’on y trouve toutes les générations de véhicules qui y ont roulé un jour, de la Peugeot 403 à la Renault Clio 3… L’abandon des véhicules hors d’usage n’est pas qu’un fléau visuel : les épaves sont des lieux de prédilection pour la nidification des moustiques, ce qui entraîne le développement la dengue.

Le problème est loin d’être nouveau. Depuis 2018, les constructeurs automobiles présents aux Antilles sont même tenus de mettre la main à la poche afin de financer le retrait des véhicules hors d’usage. Facile, en théorie. Et pourtant : « Notre mission consiste à récupérer les véhicules qui sont sur le domaine public » insiste Tristan de Reynal, le président de TDA VHU Guadeloupe, « nous avons signé des chartes avec les polices municipales, nous intervenons sous 10 jours après mise en demeure du dernier détenteur du véhicule ». TDA VHU n’a donc pas le pouvoir légal de nettoyer à elle seule la Guadeloupe. Il faut qu’un accord soit passé avec les municipalités (à l’heure actuelle, 28 communes sur 32 ont signé la charte) et surtout, il ne faut pas que le véhicule soit placé sur un terrain privé…

Les épaves réapparaissent aussi vite qu’elles disparaissent

Au cours des deux dernières années, ce sont 3300 épaves qui ont été acheminées par TDA VHU vers les centres de démolition agréés. Lors du dernier grand recensement réalisé en 2015 par Serge Letchimy, député de la Martinique, 16 000 épaves à traiter avaient été répertoriées en Guadeloupe. Le travail est loin d’être achevé, d’autant que les épaves « repoussent » aussi vite qu’elles avaient disparu à certains endroits : « Cela faisait plus de 20 ans que la région ramassait gratuitement les VHU. Pour la population, c’était un service gratuit » note Christelle Piral, la coordinatrice de TDA VHU.

Un changement de mentalité, une réelle prise de conscience environnementale sont donc indispensables : « Le dernier détenteur du véhicule encourt 1500 € d’amende pour abandon sur la voie publique » prévient Tristan de Reynal…

La loi pour l’orientation des mobilités permet de promouvoir une mobilité plus verte, mais peut en contrepartie accélérer encore plus ce phénomène…

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