Permis de conduire à 17 ans : doit-on redouter plus d’accidents sur les routes ?

Par Hélène Luz | Le 31/01/2024 | Conseils

En juin 2023, le gouvernement français a confirmé la rumeur selon laquelle l’âge légal pour passer le permis de conduire sera abaissé à 17 ans à partir du 1ᵉʳ janvier 2024. Cette décision vise à favoriser la mobilité des jeunes, mais elle suscite également une controverse, notamment de la part des associations de prévention routière et des auto-écoles. Ces dernières craignent, en effet, que des conducteurs aussi jeunes manquent de maturité et entraînent une augmentation des accidents de la route. Ainsi, il est légitime de se demander si cette mesure aura un impact négatif sur le nombre d’accidents et les pertes humaines.

En 2024 : est-il possible de passer son permis à 17 ans et de conduire tout seul ?

Auparavant, l’âge légal pour avoir le droit de prendre le volant, sans la supervision d’un adulte, était de 18 ans, soit la majorité. Depuis le changement législatif de ce mois-ci, il est désormais possible d’obtenir son permis à l’âge de 17 ans. Cette réforme, initiée par la Première ministre, a abaissé l’âge minimum pour obtenir le permis de conduire et permet ainsi maintenant aux jeunes conducteurs de prendre le volant seuls dès qu’ils ont obtenu leur permis.

Cette évolution suscite néanmoins des débats sur la maturité et la responsabilité des conducteurs âgés de 17 ans. Certains soutiennent que cet abaissement d’âge est justifié, car il offre plus d’autonomie à ces derniers tout en les sensibilisant aux règles essentielles de sécurité routière dès un jeune âge. En revanche, d’autres expriment des inquiétudes quant à la capacité des adolescents à faire face à des situations complexes sur la route.

Loi du permis à 17 ans : un vrai plus pour les jeunes ?

Selon Élisabeth Borne, abaisser l’âge légal pour obtenir le permis de conduire à 17 ans est un progrès indéniable pour les jeunes, en particulier dans les régions rurales ou mal desservies par les transports publics. Cette décision offre une réelle opportunité aux jeunes, notamment aux élèves des lycées professionnels qui dépendent de la voiture pour leurs études ou leur travail, améliorant ainsi leur mobilité et leur intégration sur le marché du travail.

De plus, commencer la formation des conducteurs dès l’âge de 17 ans peut contribuer à améliorer la sécurité routière à long terme. En renforçant la formation des jeunes conducteurs et en introduisant des mesures supplémentaires de sécurité, le gouvernement vise à réduire le nombre d’accidents impliquant des conducteurs débutants.

Il convient également de noter que cette mesure s’inscrit dans une tendance observée au niveau européen où plusieurs pays ont déjà adopté un âge minimum inférieur à 18 ans pour passer le permis. Il s’agit donc d’une évolution logique visant à mieux préparer les jeunes conducteurs tout en répondant aux besoins spécifiques liés à la mobilité dans certaines régions.

Le permis à 17 ans : pourquoi est-ce une mesure qui divise ?

L’abaissement de l’âge légal pour obtenir le permis de conduire à 17 ans suscite des débats en raison des multiples enjeux qu’il soulève. Certains acteurs du secteur, comme l’UNIC (Union nationale des indépendants de la conduite), s’y opposent et plaident pour des conditions strictes afin d’éviter les risques liés à la conduite juvénile. Du côté des parents, on observe aussi une division. Certains estiment que c’est une bonne idée. Ces derniers voient cet abaissement comme un moyen d’accorder plus d’autonomie et de sécurité aux adolescents sur la route. D’autres craignent que 17 ans ne soit pas encore suffisamment mature pour ne pas avoir une conduite imprudente.

Les moniteurs d’auto-écoles soulèvent, quant à eux, un problème majeur : les délais déjà importants pour passer le permis dus à une pénurie d’inspecteurs. L’idée d’un afflux supplémentaire de candidats mineurs pose donc la question cruciale de l’organisation logistique nécessaire pour mettre en place cette mesure sans engorger davantage le système.

En outre, il est important de ne pas ignorer les conséquences financières liées au coût prohibitif de l’assurance auto pour les permis probatoires. Les primes élevées imposées aux jeunes conducteurs peuvent pousser certains à prendre le risque inconsidéré de rouler sans assurance, créant ainsi un danger tant pour eux-mêmes que pour autrui.

Les jeunes conducteurs ont-ils plus d’accidents que les autres automobilistes ? Quelle tranche d’âge a le plus d’accidents de voiture ?

Elisabeth Borne a déclaré que baisser l’âge de conduite à 17 ans n’entraînerait pas plus d’accidents, citant l’exemple des pays voisins où le permis est obtenu dès 17 ans. Cependant, les statistiques montrent une réalité toute différente. Les jeunes conducteurs ont un taux d’accidents plus élevé que le reste de la population française dans l’Hexagone. Malgré le fait que cette tranche d’âge ne représente que 8 % de la population, les 18-24 ans sont disproportionnellement touchés par la mortalité routière avec un risque deux fois plus élevé par million d’habitants.

Il est clair que certains comportements irrespectueux du Code de la route et des autres usagers augmentent considérablement le risque d’accident pour les jeunes conducteurs novices.

Quels sont les 3 facteurs d’accidents mortels sur la route concernant les jeunes de 18 à 24 ans ?

Les jeunes conducteurs sont les plus touchés par les accidents de la route, principalement en raison de la vitesse excessive. Près de 39 % d’entre eux admettent dépasser les limites de vitesse, un chiffre supérieur à celui observé pour l’ensemble des conducteurs (27 %). Il est crucial de rappeler que même une collision à une vitesse modérée en milieu urbain (50 km/h) équivaut à une chute depuis trois étages et nécessite 28 mètres pour s’arrêter. En outre, la vitesse réduit le champ visuel du conducteur, augmente le risque de perte de contrôle du véhicule ainsi que la fatigue et diminue la vigilance. En effet, un tiers des accidents mortels sont dus à une vitesse excessive ou inadaptée. C’est pourquoi pendant les trois premières années après l’obtention du permis B (deux ans pour ceux ayant suivi la conduite accompagnée), les jeunes conducteurs doivent respecter certaines limitations : 110 km/h au lieu des habituels 130 km/h sur autoroute ; 100 km/h au lieu de 110 km/ sur routes séparées et seulement jusqu’à 80 km/ h sur route normale.

Par ailleurs, un accident mortel sur quatre est causé par une forte alcoolémie. Environ 20 % des jeunes conducteurs admettent avoir conduit après avoir consommé du cannabis ou avec un taux d’alcool supérieur au seuil légal de 0,5 g/litre de sang ou 0,2 g/litre pour les conducteurs novices en période probatoire. Les automobilistes débutants ont ainsi quatre fois plus de risques d’être impliqués dans un accident mortel. Même à faible dose, l’alcool et les drogues affectent les capacités des conducteurs : diminution des réflexes, temps de réaction plus long, champ visuel réduit et altération de la coordination des mouvements.

Le téléphone au volant est le 3e facteur d’accidents mortels sur la route en France pour les jeunes de 18 à 24 ans, aux côtés de la fatigue. Envoyer des SMS ou passer des appels pendant la conduite entraîne une forte distraction et rallonge considérablement le temps de réaction des conducteurs, augmentant ainsi le risque d’accident. Il est donc essentiel que les jeunes prennent conscience des dangers liés à l’utilisation du téléphone au volant et adoptent un comportement responsable.

L’abaissement de l’âge légal pour obtenir le permis de conduire à 17 ans sur le territoire français suscite des débats passionnés quant à ses implications sur la sécurité routière. Il peut, en conséquence, être bénéfique que le gouvernement mette en place des mesures supplémentaires visant à renforcer la formation des jeunes conducteurs tout en sensibilisant davantage aux dangers associés aux comportements accidentogènes de ces derniers. En outre, il sera crucial de surveiller attentivement les effets concrets de cette réforme sur le nombre d’accidents impliquant des conducteurs débutants afin d’évaluer son impact global sur la sécurité routière.

Hélène Luz
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