Interview sports mécaniques : Josué Roset – « J’ai bon espoir pour l’avenir du rallye en Martinique »
Par Emmanuel Rolland | Le 14/05/2026 | Sport mécanique
Figure incontournable du sport automobile martiniquais, Josué Roset a signé un retour remarqué à la compétition lors du Rallye Régional de la Ville de Saint-Joseph, conclu à une belle deuxième place au volant de sa Renault Mégane RS. Malgré les annulations qui ont marqué le début de saison en Martinique, le pilote garde confiance en l’avenir de la discipline. Entre plaisir retrouvé, soutien de son équipe, passion du public et mobilisation des acteurs locaux, il veut croire à un nouvel élan pour le rallye sur l’île.
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Pilier du sport automobile en Martinique, Josué Roset reste confiant et optimiste en la capacité de chacun de se mobiliser sur l’île pour permettre à la discipline de connaître un nouvel essor dans un futur proche, et ce malgré les récentes annulations d’épreuves.
Sommaire
Un retour réussi au Rallye de Saint-Joseph
Josué, vous avez effectué votre retour à la compétition cette année lors du récent Rallye Régional de la Ville de Saint-Joseph (25-26 avril) avec une belle deuxième place finale au volant de votre fidèle Renault Mégane RS. Tout d’abord, comment avez-vous vécu l’annonce des annulations des deux premières courses de cote la saison en Martinique ?
C’est vrai que c’était la première fois que nous roulions après les annulations successives des courses de cote du Marin et de Fonds-Saint-Denis en début d’année. Suite à ces deux annulations, nous étions déçus, et un peu inquiets, c’est clair, mais finalement le Saint-Joseph s’est présenté et c’était un bon retour pour nous.
Comment avez-vous vécu ce premier rallye de la saison ?
Le plateau était un peu réduit, mais la qualité des concurrents était là. La mairie de Saint-Joseph et les partenaires de l’événement ont joué le jeu, et la course a pu avoir lieu. De plus, il y a eu un « before » avant le rallye, puisque des fans ont eu la possibilité d’embarquer à bord de nos voitures pour des tours de démonstration dans le bourg de Saint-Joseph. Le public a vraiment apprécié, et nous autres pilotes, nous avons beaucoup apprécié ce moment de partage.

Malgré un faible nombre d’inscrits, la bagarre était bien là, et vous étiez rapidement dans le rythme…
Effectivement, nous sommes partis sans prétention le dimanche matin avec mon épouse Mélissa dans le baquet de droite, avec surtout l’objectif de se faire plaisir. Les sensations étaient bonnes à bord de la voiture, nous avons signé le deuxième meilleur temps scratch dans la première spéciale, à 1mn30 de Rodrigue Théodore et sa Renault Clio Williams.
Dans l’ES2, meilleur chrono, et leader du rallye !
Nous sommes montés crescendo, puis nous avons eu la satisfaction de signer le meilleur chrono de l’ES2, et de passer devant Rodrigue. Mais il a ensuite pris son envol dans la troisième spéciale [sur les huit au programme, ndlr], avec une voiture beaucoup plus puissante.
La bagarre n’était pourtant pas finie, il a fallu se battre pour conserver la deuxième place ?
Oui, il y a eu une belle bagarre avec Christophe Coyan, lui aussi au volant d’une Mégane RS mais de groupe A, plus puissante. Nous nous sommes livré une belle bataille jusqu’à l’ES6 où l’équipage a été contraint à l’abandon sur une sortie de route heureusement sans gravité. D’ailleurs, nous nous sommes pays nous aussi une petite chaleur dans l’ES6 avec un tout droit que nous avons pu gérer, et repartir dans la foulée. Mais nous n’étions pas tranquilles pour autant car il a fallu gérer le retour de Stéphane Gallet de Saint-Aurin sur sa Toyota Corolla. Nous sommes restés concentrés, nous avons continué à attaquer. Nous avons signé encore le meilleur chrono dans l’ES7, avant de conserver notre deuxième place à l’arrivée. C’était une belle satisfaction.

C’était pour vous un rallye avec beaucoup de premières ?
Oui, nous signons deux temps scratchs, décrochons la deuxième place d’un rallye pour la première fois. Et c’était aussi le retour dans le baquet de droite pour mon épouse depuis le MRT de l’an passé, après avoir accueilli un heureux événement dans la famille à la fin de l’année dernière.
Et un vrai plaisir au volant, dans un rallye très ouvert ?
C’était finalement assez équilibré dans l’ensemble. Il n’y avait pas au départ des machines de guerre comme des R5, et il n’y avait que des deux roues motrices. C’était plus intéressant pour tout le monde.
Rallye Madinina, Grands Fonds et slaloms : la suite de la saison
Quelle sera votre prochaine sortie ?
La suite pour nous sera le Rallye Madinina, le 30 mai prochain. Et on essaie de travailler pour être au départ du Rallye des Grands Fonds, en Guadeloupe (12-14 juin). J’y étais l’an passé en tant que spectateur, et j’ai découvert des spéciales magnifiques. Des amis de Guadeloupe m’ont encouragé à m’aligner au départ cette année, ce sera une première pour moi aussi. Plusieurs partenaires ont répondu présent, mais c’est toute une organisation logistique et financière à monter, on essaie de gérer ça.
Et ensuite, ce sera la saison des slaloms…
Oui, il y aura une pause suite à l’annulation du MRT, ce sera plus calme en juillet, puis la saison des slaloms débutera effectivement en août, et j’y serai ! J’ai acheté un véhicule de compétition, c’est pour rouler avec, donc je m’aligne autant que possible sur les courses.
Un appel à l’unité pour relancer le sport automobile en Martinique
Vous parliez de l’annulation du Martinique Rallye Tour, en plus de celle des courses de cote du début de saison. Comment jugez-vous la situation du sport automobile en Martinique ?
Personnellement, j’ai bon espoir que les choses s’arrangent rapidement. Déjà, je me réjouis de voir que les organisateurs travaillent avec la Ligue ASA dans une collaboration plutôt constructive. Les mentalités changent, cela va créer un certain renouveau. Il y a une nouvelle logique, et la volonté de faire changer les choses. Il faut savoir mettre les égo de côté, à tous les niveaux, et je vois que, à ce niveau, les choses commencent à changer. J’ai bon espoir pour l’avenir, vraiment. Il y a un patron de ligue comme Simon Jean-Joseph qui est déterminé à faire bien les choses. Mais, encore une fois, c’est l’affaire de tous. Si on veut que ce sport perdure en Martinique, il faut se serrer les coudes. La Guadeloupe a elle aussi connu cette situation, et a récemment connu un renouveau, je suis persuadé que ce sera la même chose en Martinique, si ont fait tous bloc pour cela.

Et puis la base de fan est bien là sur l’île, comment percevez-vous l’engouement pour le sport auto en Martinique ?
Nous avons vu au dernier Rallye Saint-Joseph à quel point la passion était là de la part du public. Il faut communiquer un maximum avec les fans. Au niveau de mon équipe, on essaie de gérer un peu ça sur les réseaux sociaux, communiquer un maximum pour le public mais aussi pour les partenaires pour leur apporter de la visibilité. C’est une passion qui prend aux tripes, on essaie de faire au mieux de notre côté, mais il y a encore une marge de progression.
Derrière Josué et Mélissa Josuet, il y a toute une équipe…
C’est une équipe très unie, avec des gens passionnés et totalement dédiés à la course, que je ne remercierai jamais assez. Je parle de Thierry, notre chef d’assistance, de Pierre, le chef mécano pour qui la Mégane n’a aucun secret. C’est un ami de toujours avec lequel nous avons imaginé ce projet, avec un autre ami malheureusement décédé, Dylan. Il y a aussi Théo, mécano et ami de longue date lui aussi. Loïc, sa femme et leur fille qui analyse mes temps et qui me booste, et qui gère les boissons de l’équipage (il fait chaud dans l’habitacle !) Il y a aussi Mowgli qui est assistant mécano avec Cyo. Il y a encore d’autres personnes que je n’ai pas citées, mais tout ça pour dire qu’il y a beaucoup de petites mains qui sont là avec nous sur qui on peut compter pour faire une réparation rapide ou changer des pneus dans le temps impartis et qui savent donner l’impulsion pour qu’on soit chargé à bloc a la sortie de l’assistance. Je veux leur rendre hommage à tous.
Photos : DR
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