Vers une année record de collecte de VHU en Martinique

Par Redaction | Le 03/09/2021 | Dossiers de la rédac'

En Martinique, 32 communes sur 34 ont signé à ce jour la charte d’engagement avec l’association TDA-VHU créée en 2018. Seules les communes du Diamant et du Morne-Vert ne sont pas encore associées à l’initiative financée par les constructeurs automobile pour réguler la gestion des Véhicules Hors d’Usage.

Au 30 juin 2021, 1531 VHU ont été collectés sur l’île aux fleurs depuis le début de l’année, contre 2825 pour l’ensemble de l’année 2020. Le rapport d’activité de l’association locale fait état de 237 véhicules collectés pour le seul mois de juin.

Au-delà de la collecte pure des carcasses, c’est aussi le travail auprès de la population qui porte ses fruits, via les municipalités. Ainsi, au cours des six premiers mois de l’année, TDA-VHU a reçu 1936 demandes de collecte de la part des communes, et 273 d’entre elles ont été traitées directement par leur propriétaire, soit un taux de 14% plutôt bas mais en progression. Le taux de retrait des VHU après demande de collecte -par TDA ou propriétaires- est actuellement de 93%.

L’agglomération foyalaise recense logiquement le plus de VHU sur le territoire martiniquais. L’association a collecté 804 carcasses en 2020 au sein de la capitale, et déjà 646 en 2021 alors que 102 véhicules enregistrés ont été retirés par leur propriétaire.

Moins de VHU sur la voie publique, plus sur les terrains privés

Depuis la mise en place du dispositif de retrait des VHU, les pouvoirs publics et l’association se concentrent sur les véhicules abandonnées sur la voie publique. D’après l’association, les agents municipaux qui sont en charge de relever les véhicules abandonnés font état « d’une diminution du nombre de VHU présents sur la voie publique ».

C’est une vraie problématique pour endiguer le nombre total de VHU sur l’île. A partir du 1er janvier 2022, la loi va évoluer mais pas dans ce sens, en élargissant la contribution des constructeurs à l’ensemble de l’industrie, notamment les constructeurs de deux et trois roues. Cependant, si un « amas » de VHU (à partir de cinq) est repéré sur un terrain particulier, le propriétaire foncier peut être poursuivi pour « décharge sauvage » et encours jusqu’à 75000€ d’amende si le caractère professionnel de la décharge est avéré. Reste donc à trouver une solution pour permettre légalement l’enlèvement de VHU sur terrain privé.

Une application pour faciliter les remontées d’information

Depuis le début de l’année, des actions sont menées envers les bailleurs sociaux pour freiner la prolifération des VHU sur le parking des résidences. Selon TDA, « les policiers municipaux ont effectué les premières mises en demeure à l’attention des bailleurs sociaux à la fin du mois de Juin, notamment sur les communes du Carbet et du Saint Esprit ».

Si certaines procédures judiciaires sont lancées à l’encontre des propriétaires identifiés de VHU, il est fait état encore d’un manque de suivi des autorités sur le sujet. Si la mise en demeure de retirer l’épave sous 10 jours n’est pas respectée, le contrevenant encourt jusqu’à 1500€ d’amende. L’association, qui prend en charge l’enlèvement du VHU le cas échéant, se rémunère sur la revente des métaux après traitement. Le cours de ces métaux, après s’être effondrés au début des années 2010, remonte progressivement pour atteindre en juin 2021 125€ par tonne, contre 170€ à 180€ il y a dix ans.

Depuis juillet 2021, l’association TDA-VHU a mis à l’essai une application mobile à destination des agents municipaux afin de faciliter le repérage et la gestion du dossier d’un VHU avant sa collecte, avec géolocalisation et base de données pour identifier plus rapidement le dernier propriétaire connu de la carcasse.

Début 2020 en Martinique, la DEAL recensait environ 20 000 VHU sur l’ensemble de l’île. Depuis, 22% ont été traités même si en parallèle d’autres épaves ont proliféré. Actuellement, deux centres traitent les épaves sur l’île, Centrale Cass’Auto et Metaldom.

Pour l’île aux fleurs comme pour l’ensemble des territoires, la « crise des containers » dans le transport maritime consécutive à la situation de pandémie devrait durablement affecter la gestion de renvoi des déchets automobiles dont les VHU, et donner encore plus de fils à retordre aux associations des distributeurs.  

Intro Dossier

Episode 1 : La Guyane en manque de moyens techniques

Episode 2 : À la Réunion, le dilemme de l’économie parallèle

Episode 3 : « Tout le monde ne joue pas le jeu » à Mayotte

Hors-série : Le problème demeure en Guadeloupe, malgré les efforts

  • Partager l'article sur :
Newsletter

Recevez le rendez-vous du week-end dans votre boîte aux lettres

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *