Voitures électriques à Mayotte : des débuts balbutiants

Par Nora Godeau | Le 05/08/2021 | Environnement

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A l’heure où l’Union Européenne a décidé de réduire de 55% ses émissions de CO2 d’ici 2030, Mayotte semble en retard pour prendre le train de la transition énergétique. Yann Le Bigot, ingénieur au sein de l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) tire la sonnette d'alarme.

À Mayotte aucun particulier, ou presque, ne possède de voitures électriques. Les seules présentes sur le territoire appartiennent à ce que l’on appelle des « flottes captives », c’est-à-dire des flottes appartenant à des entreprises ou des administrations. La première structure à avoir franchi le pas, en 2019, est le conseil départemental qui possède 5 Renault Zoé. La communauté de communes du Sud a pour objectif d’en acquérir d’ici 2022.

Certaines entreprises privées, comme l’entreprise de BTP Colas, possède également une petite flotte. Mais cela reste pour le moment très confidentiel. La raison ? Sur l’île aux parfums 95% de l’électricité est issue des énergies fossiles. Développer les voitures électriques serait donc un coup d’épée dans l’eau tant que l’île ne développera pas davantage ses « énergies propres » comme le photovoltaïque, le géothermique ou encore l’éolien.

Un pilotage obligatoire des bornes

« L’ADEME encourage le développement des voitures électriques à Mayotte et, pour cela, elle accompagne les porteurs de projets dans le cadre des flottes captives », nous confie Yann Le Bigot, ingénieur au sein de l’ADEME. Le problème se situe au niveau de la recharge. Le photovoltaïque ne constitue en effet que 5% de la production d’énergie sur l’île et est évidemment intermittent puisqu’il dépend de l’ensoleillement. Des projets de « report de charge » de cette énergie ou de stockage au sein de batteries sont en cours, mais pas encore vraiment au point.

Ingénieur Ademe Mayotte - Mr Yohan Le Bigot (credit photo Nora Godeau)
Yohan Le Bigot est ingénieur à l’Ademe Mayotte – crédits photo Nora Godeau

Si les voitures électriques se développent à Mayotte, elles devront être rechargées sur le réseau EDM (Electricité de Mayotte). Les bornes de recharges devront donc être pilotées par cette entreprise. « La puissance électrique ne doit pas dépasser les 55 Mega Watt par jour sous peine de black-out », nous explique Yann Le Bigot. « Or, si les voitures électriques se développent, elles consommeront davantage, d’où la nécessité de brider les bornes de recharge », poursuit-il.

Seulement deux bornes publiques

Pour le moment, il n’existe que deux bornes publiques de recharge sur l’île. L’une se situe sur le bâtiment du conseil départemental et l’autre chez Renault, le seul concessionnaire à vendre des voitures électriques. La communauté de communes du Sud compte en installer une également pour recharger les véhicules dont elle espère faire l’acquisition d’ici 2022.

On l’aura compris, le développement des voitures électriques à Mayotte dépendra de sa capacité à développer ses énergies vertes. « On espère massifier le photovoltaïque et le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières, ndlr) est en train d’explorer les possibilités de produire de l’énergie géothermique, ce qui permettrait le verdissement du mix énergétique de Mayotte », indique Yann Le Bigot.

Le projet de développement des voitures électrique sur l’île aux parfums n’en est donc qu’à ses balbutiements, contrairement à ce qui se passe dans la plupart des autres DROM. Toutefois, l’ADEME encourage vivement les porteurs de projets pour la création de bornes de recharges. Mayotte devra de toute façon passer tôt ou tard à la vitesse supérieure dans ce domaine puisque l’Europe a annoncé l’interdiction de vente des véhicules thermiques d’ici 2035…

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