Stéphane Nègre : « Il y a eu un réel acharnement »

Par Emmanuel Rolland | Le 03/04/2024 | Actu | News | Sports mécaniques

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Vainqueur du Rallye Karukera en décembre dernier sur sa Mitsubishi Lancer Evo 9, avant d’être disqualifié pour irrégularité technique, Stéphane Nègre a vu sa sanction annulée par le Tribunal d’Appel National. Le pilote guadeloupéen, qui récupère sa victoire acquise sur la route, regrette ce qu’il considère comme une attaque ciblée sur sa personne.

Stéphane, vous venez d’être réinstauré vainqueur du dernier Rallye Karukera de décembre dernier, à l’issue duquel vous aviez été disqualifié pour non-conformité technique de votre véhicule [Loïc Derussy avait finalement été déclaré vainqueur]. Quel sentiment éprouvez-vous aujourd’hui ?

C’est une juste réponse aux arguments que j’avais avancé à la suite de cette décision. On m’a reproché certains faits sur mon véhicule. Pourtant, c’est un véhicule qui est aligné en compétition depuis 2006, sans modifications majeures. Elle est passée du groupe N au groupe A, grâce à elle nous avons collecté plusieurs titres de champions, plusieurs victoires. Là, on arrivait en fin de saison, et on me dit que mon véhicule n’est pas conforme à ce que j’ai déclaré, et ce sur un point qui reste à interpréter [les passages de roues]. Par conséquent, j’ai fait ce qui me paraissait juste, c’est-à-dire faire appel de la décision du Collège des commissaires, lequel n’a pas jugé bon de pousser la réflexion convenablement. Et qui était déjà sûr de sa décision, avant même de me recevoir. J’étais confiant, je savais que tout ce que je mettais en avant était valable, et ceci est un juste retour des choses.

Que reprochait-on à votre véhicule (une Mitsubishi Lancer Evo 9) ?

Mon véhicule a un certain nombre d’années. Au fil des courses, il a déjà tapé, subi des chocs. Il a été réparé au fur et à mesure, mais on me reproche que l’une de nos réparations peut laisser le doute quant au fait qu’elle constitue un modèle différent que celui déclaré. Cela concerne les passages des roues, mais j’ai expliqué par A+B que la voiture a subi plusieurs impacts, et que nous avons fait des réparations suite à cela. Les trois quarts de la voiture sont identifiables, mais sur cette partie, le commissaire technique a estimé qu’elle s’apparentait à une Evo 8, alors que le reste est bien assimilé à l’Evo 9.

Comment avez-vous vécu cette sanction ?

Pour moi, c’est du ciblage, quelque chose qui était préparé à l’avance. Cela n’avait rien à voir avec un simple contrôle de routine de bride de turbo, etc. Pour moi, c’était quelque chose d’entrepris pour me déstabiliser. Quand quelqu’un gêne, certaines personnes mettent tout en œuvre pour pouvoir l’écarter. Apparemment, je dérange au niveau sportif ou associatif en Guadeloupe, et certains groupes ont usé de leur « pouvoir » pour me nuire. Mais il y a eu un grand nombre de vices de procédures.

Et quelles ont été les répercussions pour vous ?

Mon activité sportive a été remise en question, mes partenaires ont reçu un coup en terme d’image. Et ma démarche a été motivée par la volonté de sortir mon nom et ceux de mes partenaires de ce contexte. De prouver qu’il avait à peu près une vingtaine de vices de procédure, rien que sur une « petite » course comme celle-ci. Cela montre qu’il y a eu un réel acharnement. Et je ne comprends pas du tout pourquoi, j’ai l’impression que les gens en ont profité pour régler leur compte. Il y a visiblement une certaine animosité, de la jalousie même. Mais en réfléchissant, je pense que cette volonté de me nuire n’est pas nouvelle.  

Peu après l’annonce de la décision du Tribunal d’Appel, vous avez effectué votre retour à la compétition lors de la Course de côte de Bananier…

Effectivement, même si, en raison de la sanction qui m’avait été infligée au Karukera, le passeport technique de la Mitsubishi était encore retenu, et j’ai dû me rabattre sur ma Citroën Saxo, qui est en quelque sorte la voiture de réserve, que l’on fait évoluer au fil des années. Et c’est toujours une bonne chose lorsque l’on reprend le volant. L’intersaison n’était pas si longue depuis le dernier rallye en décembre, mais nous avons tout de même mis la compétition entre parenthèses. Redémarrer sur une course de côte, a fortiori celle de Bananier, qui est très technique, cela permet de ressentir les choses, de voir où l’on en est techniquement et physiquement. Et cela a plutôt bien fonctionné [6e et premier F2000. Pour l’anecdote, Pierre Nègre, le père de Stéphane, a terminé deuxième sur sa Ford Escort NDLR].

Cela permet d’aborder le sujet du Championnat de Guadeloupe des rallyes, comment l’envisagez-vous en 2024 ?

Si les moyens s’y prêtent, je suis toujours partant. Et a priori on devrait être au départ de toutes les manches en Guadeloupe cette saison. Le rallye reste une passion, je me voit mal rester chez moi ou faire un autre sport…

Justement, en ce début de saison 2024, quel regard portez-vous sur le sport automobile en Guadeloupe ?

Je pense qu’aujourd’hui, le sport auto en Guadeloupe doit laisser derrière lui les habitudes du passé. La nouvelle génération qui arrive, les jeunes qui s’intéressent au sport automobile, doivent avoir le réflexe de maîtriser la réglementation. Je pense aussi que beaucoup de concurrents pensent qu’ils sont mieux chez eux plutôt que de se faire sermonner par certaines personnes qui pensent avoir du pouvoir et qui font tout et n’importe quoi. Je pense que la Guadeloupe doit évoluer à ce niveau-là pour que le sport auto se porte mieux.

Enfin, un mot sur votre association, puisque vous présidez l’ASK Guadeloup’Kart. Quels sont les projets pour 2024 ?

L’association s’est un peu calmée par rapport à l’année dernière, où nous avions organisé neuf courses sur neuf sites différents. Là, nous passons à six courses sur trois sites différents [Anse-Bertrand, Pointe-à-Pitre et Capesterre-Belle-Eau]. Le but est de passer dans les quatre coins de la Guadeloupe afin de permettre aux gens, où qu’ils habitent, de découvrir cette discipline, et aux plus jeunes de se lancer. La seule chose qui manque, c’est un site approprié à la formation et à l’initiation, et qui permette aux concurrents d’évoluer en sécurité, puisque nous évoluons toujours aujourd’hui sur des parkings ou des routes fermées. Mais c’est quelque chose qui est toujours envisageable, il faut simplement frapper aux bonnes portes. Et nous ne sommes que des bénévoles pour qui s’investir en semaine est compliqué. Mais cela peut être un projet d’envergure, je ne perds pas espoir, il y a un vrai intérêt pour le karting en Guadeloupe.

Crédit Photos : Joanne Blanc

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