Voitures thermiques après 2035 : l’UE sous pression, quels impacts dans les DROM ?

Par Frederic Olivieri | Le 19/01/2026 | Actu | News

2035 marquera-t-elle vraiment la fin des voitures thermiques neuves en Europe ? Alors que l’interdiction semblait actée, les constructeurs automobiles européens montent désormais au créneau pour obtenir un assouplissement des règles. En cause : des objectifs jugés irréalistes, un marché en difficulté et une transition électrique qui avance à des rythmes très différents selon les territoires.

Dans les DROM, où les contraintes géographiques, climatiques et économiques pèsent lourd sur les choix automobiles, ce débat prend une dimension toute particulière. Entre les véhicules électriques encore chers, les infrastructures de recharge inégales, et la dépendance à l’importation… Les décisions prises à Bruxelles auront un impact direct sur le quotidien des automobilistes ultramarins.

Carburants alternatifs, hybrides, e-carburants : quelles options pourraient rester accessibles après 2035 ? Et surtout, que faut-il réellement attendre pour les DROM ?

Pourquoi les constructeurs demandent un assouplissement de l’interdiction ?

Depuis plusieurs mois, les signaux d’alerte se multiplient du côté des industriels. L’Association des Constructeurs Européens d’Automobiles (ACEA), qui représente notamment BMW, Stellantis ou encore Volkswagen, estime que la trajectoire actuelle n’est plus tenable.

Selon sa directrice générale, Sigrid de Vries, la réglementation européenne sur les émissions de CO₂ repose sur des « bases obsolètes » et des hypothèses trop optimistes. Les objectifs de réduction, initialement prévus pour être réévalués en 2026, pourraient finalement être revus plus tôt sous la pression du secteur.

Les constructeurs dénoncent une transition trop rigide, qui ne prend pas suffisamment en compte, avec les difficultés économiques du secteur, les écarts de maturité entre les marchés européens, et les limites actuelles de l’électrification à grande échelle.

Des propositions concrètes pour desserrer l’étau

Pour convaincre la Commission européenne, l’ACEA a avancé plusieurs pistes d’adaptation. L’objectif n’est pas d’abandonner la transition, mais de la rendre plus progressive. Parmi les mesures proposées, on retrouve notamment :

  • L’octroi de crédits carbone en échange de la mise à la casse de véhicules anciens
  • Des « super-crédits » pour encourager la vente de petits véhicules électriques, peu rentables mais essentiels pour les usages urbains
  • La reconnaissance de certains carburants alternatifs comme solutions zéro émission

Les agrocarburants, les e-carburants de synthèse ou encore l’hydrogène pourraient ainsi permettre à certains moteurs thermiques de rester autorisés après 2035. Une position vivement critiquée par des ONG comme Transport & Environnement, qui craignent un frein aux investissements dans l’électrique.

Bruxelles entrouvre la porte à un scénario plus flexible pour les DROM

Fin 2025, l’Union européenne a finalement envoyé un signal clair, et l’interdiction ne sera pas aussi stricte qu’annoncée. Les objectifs d’émissions seraient assouplis, avec une réduction de 90% des émissions de CO₂ à l’échappement par rapport à 2021, et non plus une neutralité totale.

Concrètement, cela représenterait environ 11 g de CO₂/km autorisés, avec la possibilité d’intégrer des compensations externes. Jusqu’à 7% pourraient provenir de matériaux industriels à faible empreinte carbone, et 3% de carburants alternatifs.

Au delà des DROM, selon des estimations internes à la Commission européenne, jusqu’à 30 à 35% des voitures neuves vendues après 2035 pourraient encore embarquer une forme de motorisation thermique, directe ou indirecte.

Quelles technologies thermiques pourraient survivre après 2035 ?

Dans ce nouveau cadre, toutes les voitures thermiques ne seront pas logées à la même enseigne. Les constructeurs devront faire des choix technologiques précis…

Les hybrides et électriques à autonomie étendue

Les véhicules électriques à autonomie étendue (EREV) apparaissent comme les mieux placés, malgré une nouvelle taxe qui pourrait tout changer. Le moteur thermique n’entraîne pas les roues, mais sert uniquement à produire de l’électricité. Ils restent majoritairement électriques tout en rassurant sur l’autonomie.

Selon certaines projections, ces modèles pourraient représenter plus de 10% du marché, voire davantage si les règles restent flexibles.

Les carburants alternatifs

Les moteurs thermiques fonctionnant aux e-carburants ou aux biocarburants pourraient également tirer leur épingle du jeu. Leur part resterait toutefois limitée, autour de 10% du marché, en raison des coûts élevés et de la disponibilité encore restreinte de ces carburants.

Une part en déclin progressif

Globalement, les véhicules non 100% électriques pourraient représenter environ 20% des ventes juste après 2035, avant de diminuer progressivement au fil des années.

Un enjeu majeur pour les DROM ?

Dans les DROM, cette flexibilité potentielle est loin d’être anodine. La transition vers le tout électrique y pose des défis spécifiques.

Les infrastructures de recharge restent inégalement réparties, notamment en Guyane ou à Mayotte. Les distances, le relief, mais aussi la fiabilité du réseau électrique compliquent l’adoption massive des véhicules 100% électriques.

À cela s’ajoute le coût d’achat, souvent plus élevé en Outre-mer, et le marché de l’occasion, très majoritairement thermique. Un assouplissement européen pourrait donc offrir un sursis précieux aux automobilistes ultramarins.

Les hybrides, les EREV ou les véhicules utilisant des carburants alternatifs pourraient constituer des solutions de transition plus adaptées aux réalités locales, notamment en Martinique, en Guadeloupe ou à La Réunion.

A retenir

  • Les constructeurs européens demandent un assouplissement de l’interdiction des voitures thermiques en 2035
  • L’UE envisage désormais une réduction de 90% des émissions, et non une neutralité totale
  • Jusqu’à 30 à 35% des ventes après 2035 pourraient rester non 100% électriques
  • Les hybrides, EREV et carburants alternatifs seraient les principales solutions concernées
  • Dans les DROM, cette flexibilité pourrait faciliter une transition plus réaliste et progressive
  • Les impacts sur les prix et le marché local dépendront des décisions finales de Bruxelles

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