Que sont devenues les « Bluecars » électriques de Bolloré en Outre-mer ?

Par Redaction | Le 19/11/2021 | Économie et politique

Lancée en grande pompe début 2017, l’opération Blue-Car en Guadeloupe, Martinique et Guyane a fait fausse route ! Elle devait permettre de sensibiliser le public ultramarin au tout électrique attractif et à l’autopartage dans les entreprises. Pourtant, la technologie déjà trop vieille a eu raison des bonnes volontés encore trop jeunes. « Il fallait constamment la recharger car même sans l’utiliser la batterie se vidait », se désole un des témoins du prestigieux lancement opéré par Sodiva (concession filiale du Groupe Citadelle, comme Oovango, ndlr) en Martinique. Lancement imité par les concessions du groupe Loret en Guadeloupe et en Guyane. 

Il faut dire qu’à 8 000km de Paris où elle était encore en service (2011-2018), mais plutôt sur courant alterné, l’espoir était de mise. Parmi ses avantages évidents, le recyclage facile de la batterie (propriété de Bolloré), ainsi qu’un risque d’inflammation quasi-nul en comparaison de celles au lithium-ion. L’argument principal de la BlueCar, c’était surtout son autonomie urbaine annoncée à 250km. A l’époque, cela apparaissait comme excellent. De plus, cette toute petite voiture électrique offrait une assez bonne habitabilité avec 4 vraies places et un volume de coffre de 350dm3. Elle était commercialisée dans l’archipel à 19000€ et 79€ de mensualité pour la location de batterie.

10 véhicules distribués en Martinique récupérés dans l’année 

En Guadeloupe, 19 véhicules ont été acquis et proposés à la location longue durée par la CGFF, entreprise de financement du Groupe Loret. Mais comme en Martinique, ce sont les ateliers des centres de distribution qui ont le plus profité des « Bolloré Cars », trop régulièrement hors d’usage. Très vite, les utilisateurs se sont rendus à l’évidence et ont remis les clés des anciennes Autolib’ à leur distributeur. 10 modèles ont été rendus en quelques mois à la concession. Le volume n’ayant pas été très important, la gestion de ces malheureuses électriques condamnées s’est faite dans les règles de l’art du recyclage en Martinique.« Les packs de batteries ont été récupéré par Bolloré et les carrosseries envoyées à la casse », assure l’un des techniciens du centre de distribution. Sur l’île aux fleurs, à l’heure où s’écrivent ces lignes, reste sur ses routes un seul modèle que le garagiste attend avec impatience pour refermer définitivement la page de cet échec commercial.

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