Le caillassage de véhicule : un acte de délinquance trop fréquent à Mayotte !

Par Nora Godeau | Le 23/02/2022 | Actu | L'auto & vous

Aucun usager de la route n’est à l’abri du caillassage à Mayotte. Sport national des délinquants de l’île, ils sont tantôt à visée crapuleuse, tantôt complètement gratuits. À visée crapuleuse, ils ont pour but de stopper les véhicules pour délester leurs propriétaires de leurs téléphones et portefeuilles. Ce sont bien souvent les deux roues qui en font les frais car les jets de pierres font chuter leurs propriétaires. Permettant ainsi aux délinquants de les dévaliser. Mais il arrive encore plus fréquemment que les usagers de la route soient tout simplement pris à parti dans des affrontements entre bandes rivales. Et que leurs véhicules en souffre, quand ce n’est pas leur personne ! Bris de glace ou carrosserie abîmée, les voitures ne s’en sortent jamais indemnes. Quant aux deux roues, ils sont très souvent dérobés ou à minima endommagés par la chute.

Une quinzaine de bris de glace par jour à Mayotte

« Les bris de glace, nous en avons en moyenne une quinzaine par jour » révèle Master M’zé Mogné, l’un des responsables de la compagnie d’assurance locale Prudence Créole. « 70% d’entre eux sont dus à des caillassages », poursuit-il. Si ces actes de vandalisme touchent tous les usagers de la route, les bus scolaires en font particulièrement les frais. À tel point que plus personne à Mayotte ne veut les assurer. La compagnie Matis s’est donc résignée à chercher un assureur à La Réunion. Mais combien de temps encore acceptera-t-il d’assurer ses bus contre ces actes bien trop récurrents ? « Réparer un bus scolaire caillassé coûte dans les 10 000 euros et les caillassages sont beaucoup trop fréquents à Mayotte », explique l’assureur.

Que faire en cas de caillassage ?

En cas de caillassage, un automobiliste doit tout d’abord aller porter plainte à la police ou à la gendarmerie. Et cela avant de faire jouer son assurance. Cette dernière vérifie ensuite les dégâts signalés par le propriétaire. S’il s’agit d’un bris de glace, elle rembourse la réparation ou, plus fréquemment, le remplacement des vitres brisées. À condition bien évidemment que l’usager ait souscrit à la « garantie bris de glace ». Si la carrosserie est touchée, il faut avoir pris l’option « dommages tout accident » pour espérer se faire rembourser les réparations. Ces options ont naturellement un coût non négligeable. Même si Master M’zé Mogné affirme que les tarifs des assureurs restent « raisonnables » pour ce type de dommages.

Les autorités, premières victimes du caillassage

Se préserver des caillassages est mission impossible sur le territoire, dans la mesure où ils peuvent avoir lieu n’importe où et à toute heure du jour ou de la nuit. Les plus touchés par ce fléau local restent néanmoins les policiers et les gendarmes.  » Nos voitures sont font caillasser pratiquement tous les jours », nous confie Abdel Sakhi du syndicat Alternative Police. Certains véhicules de la police ont donc des films anti-bris de glace pour éviter que les vitres n’explosent. D’autres sont munis de vitres plus épaisses. Mais la plupart n’ont aucune protection particulière.  » Des blindages sont toujours possibles, mais cela coûte cher et tant que les gens ne se plaignent pas, l’Etat ne paye pas », déplore le policier, affligé par le manque d’investissement de l’Etat dans la police de l’île aux parfums.

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