Embouteillages de Macouria : pour les automobilistes, circuler est devenu un « enfer »

Par Marlène CLEOMA | Le 18/01/2023 | Actu | News

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Les embouteillages sont devenus le quotidien de milliers de personnes empruntant la portion de la RN1 comprise entre le carrefour de matiti et l’échangeur. Cet axe, chaque jour de la semaine porte le fardeau des bouchons automobiles qui se mesurent en kilomètres. Réseau saturé, projets qui peinent à voir le jour… Des infortunes qui agissent sur les nerfs et le mental des usagers guyanais. Reportage.

Ce n’est pas nouveau les embouteillages de Macouria. En taxi, en bus ou en voiture, la circulation est devenue un « enfer » se plaignent les nombreux automobilistes qui empruntent la RN1 – entre l’île de Cayenne et Macouria le matin et le soir. Certaines circonstances climatiques comme la pluie en ce moment, ou encore sociales, des événements officiels aggravent encore les conditions de circulation sur cette route. La moindre perturbation joue le rôle d’un grain de sable et désorganise le réseau. Comme les travaux actuellement à Soula 2, fermée, pour travaux de réhabilitation. « Ce qui témoigne de sa fragilité et de sa saturation », observe l’édile de la commune de Macouria.

Le Parcours Matiti-Cayenne

« Je commence à 7h00, je dois partir à 4h00 du matin, voir 3h30, pour m’assurer d’être à l’heure. Il n’y a pas beaucoup d’échappatoires, voire pas du tout !», peste Marie-Kethia, qui fait le parcours Matiti-Cayenne tous les jours de la semaine – un planning d’enfer pour cette jeune maman de 27 ans qui doit également déposer sa fille à l’école avant de se rendre à son lieu de travail. Ce lundi, c’est un jour d’école, par bonheur, il ne pleut pas, mais on roule au pas. Sur la route, une file ininterrompue de voitures mais aussi des utilitaires de camions, de nombreux bus à défaut de voie qui leur ait dédié. Et les scooteurs qui slaloment, un touk-touk se faufile sur la droite, sur la gauche…

Des comportements dangereux qui peuvent entrainer des accidents graves. Depuis quelques années maintenant, l’insécurité routière entre Balata et Tonate est bien plus élevée que sur les autres axes routiers, avec de nombreux accidents mortels. C’est notamment dû à la forte fréquentation de cet axe. Dans le bilan de la préfecture de l’année 2021 sorti en 2022 – sur les 35 personnes tuées sur les routes, la plupart des accidents mortels surviennent sur le territoire de la CACL. Particulièrement sur Macouria, Cayenne et Matoury entre 16h00 et 18h00.

Travaux, accidents, pannes, radar : de nombreuses causes aux embouteillages de Macouria

« Tu ne peux pas faire un quartier d’un peu plus de 10 000 habitants
avec deux sorties sur une nationale »

Jean-marie, un automobiliste

L’importance du trafic ainsi que le manque de possibilités de dépassement entrent aussi en ligne de compte. Mis à part, les travaux, les accidents, les pannes de véhicules, les sorties d’écoles et autres événements temporaires, d’autres causent attirent le regard des automobilistes excédés « pourquoi les gens ralentissent juste avant le radar avant le pont ? Ils ralentissent subitement et ça crée encore plus d’embouteillages » s’interroge Jean-Marie qui sort de Macouria.

Le jeune homme pointe du doigt l’État et il n’y va pas de main morte « à 300 mètres du pont, il y a un panneau de l’État qui date d’avant 2020 des travaux qui devraient être finis. Ils annonçaient fin des travaux : 18 mois. Ça fait deux ans. Ils parlent de construire un giratoire, en quoi ça va mettre fin aux embouteillages ?  Sans parler des embouteillages de Macouria. Pour sortir de Soula et se rendre dans la capitale, je mets 50 minutes. Soula c’est la plus grosse blague, c’est soi-disant l’avenir. Un quartier aussi énorme, il devrait y avoir plusieurs sorties. Il ny en a que deux, plus une troisième mais elle mène à Kourou, on ne l’utilise que très peu. Tu ne peux pas faire un quartier d’un peu plus de 10 000 habitants avec deux sorties sur une nationale ! Je ne sais pas quel ingénieur de bas étage a fait ça ».

Le trentenaire a une solution « il faut libérer Soula, il faut juste faire une voie d’insertion, les embouteillages vont diminuer de 10 minutes au moins. Je trouve qu’il manque de clarté, les projets ne sont jamais soumis, ça devient problématique ».

Des projets qui ne sortent pas et manquent de transparence

Chaque jour, entre 26 000 et 40 000 véhicules empruntent le pont du Larivot. 184 000 à 207 000 personnes vivront sur le territoire de la CACL en 2030. L’urbanisation à l’ouest du pont du Larivot se poursuit, et des zones économiques s’y développent. L’urbanisation croissante a pour conséquence une augmentation de la circulation. À celle-ci s’additionne un retard au niveau des infrastructures nationales et régionales en Guyane.

Évoquée lors de la fermeture du pont du Larivot en 2009, la construction d’un second pont sur la rivière de Cayenne est toujours en projet. C’est un projet qui prévoit la transformation de la route en 2X2 voies jusqu’ à Soula. Puis à termes jusqu’au bourg de Tonate…

Les travaux auraient dû débuter en 2020, pour une durée de 2 ans et demi. À l’issue, il y aurait un terre-plein pour séparer les voies afin d’éviter les collisions frontales. Dans ce projet qui peine à voir le jour, des aménagements spéciaux sont prévues pour les piétons et les cyclistes. Ainsi que des accès privés pour les personnes habitants au bord de la RN1 – concentrés sur des carrefours sécurisés, par le biais de contre-allées. « Le contrat de plan actuel prend fin en 2020, il faut déjà préparer la suite », annonçait à l’époque Jean-Marc Tarrieu, directeur de la Deal, aujourd’hui la DGTM. Sur le site de ce dernier, le dernier document consultable, annonce le projet de l’aménagement de la RN1. Hormis celui-ci, aucune information en temps réel n’est disponible. Pour avoir un retour de mail, il faut se réveiller de bonne heure.

En attendant, nous sommes donc condamnés à subir encore longtemps ces désagréments que sont les « embouteillages ». Ceci étant, les ennuis, les soucis, les problèmes de la vie, n’arrivent qu’aux vivants. Soyons donc patients et persévérants…

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