Contrôle technique des deux-roues motorisés : ce qui change (ou non) en 2026
Par Kévin Texier | Le 30/01/2026 | Actu | L'auto & vous | News
Le contrôle technique moto, obligatoire depuis 2024 et étendu en 2026, reste contesté malgré sa validation juridique, symbolisant une défiance durable envers des politiques jugées coercitives.
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Depuis plus de dix ans, le contrôle technique des deux-roues motorisés cristallise les tensions entre pouvoirs publics et usagers.
Suite aux reports successifs, revirements politiques et contestations de terrain, le CT2RM est devenu bien plus qu’une simple mesure de sécurité routière : un symbole de défiance pour une partie des motards. À l’heure des projections pour la nouvelle année, ce débat pourrait même nourrir d’autres formes de contestation.
Sommaire
CTR2M : un parcours politique long et sinueux
Né d’une directive européenne, la 2014/45/UE, imposant à chaque État membre d’instaurer un contrôle périodique des véhicules motorisés, y compris les motos et scooters de plus de 125 cm³, le dispositif français s’est construit dans la douleur.
Le cadre s’est finalement figé : le 15 avril 2024, le contrôle technique des véhicules de catégorie L est devenu obligatoire pour les véhicules immatriculés avant 2017.
Contestations, boycott et réactions sur le terrain
Dès son annonce officielle, la Fédération française des motards en colère (FFMC) a multiplié actions, recours et appels au boycott. Pour l’organisation, le contrôle technique des deux-roues motorisés s’apparente à une taxe déguisée, déconnectée de la réalité de l’accidentologie moto, où le facteur humain reste largement prédominant.
En mars 2025, le Conseil d’État a définitivement rejeté les recours déposés par les associations de motards, confirmant l’obligation du contrôle technique. Une concession a toutefois été accordée : le déploiement de certains équipements spécifiques (sonomètre, céléromètre) a été repoussé afin de limiter la pression sur les centres et les usagers lors des premières années.
Malgré cette validation juridique, le malaise persiste d’autant que le contrôle technique moto ne peut être analysé isolément. Il s’inscrit dans une accumulation de mesures perçues comme coercitives par une partie des usagers de la route.
On peut penser aux Zones à Faibles Émissions (ZFE) dénoncées par certains collectifs comme une « écologie d’exclusion ». En 2025, malgré un vote en faveur de la suppression des ZFE, leur application reste effective dans de nombreuses métropoles, faute de parcours législatif abouti. Paris et Lyon, notamment, semblent peu enclines à revenir en arrière.
À cela s’ajoute une évolution des outils de contrôle : voitures-radars privatisées, dispositifs automatisés, et leur extension possible à la Corse et à l’Outre-mer. Une digitalisation accrue du contrôle routier qui nourrit un sentiment de surveillance permanente, à nuancer toutefois au regard de la baisse constatée des infractions dans certains territoires ultramarins.
Qui est concerné par le CT2RM cette année ?
Afin d’éviter un engorgement massif, l’État a opté pour une mise en œuvre progressive :
- 2024 : véhicules immatriculés avant 2017
- 2025 : immatriculations entre 2017 et 2019
- 2026 : immatriculations entre 2020 et 2022
Les véhicules immatriculés après 2022 devront, eux, passer leur premier contrôle au bout de cinq ans, puis tous les trois ans.
L’année 2026 marque donc un tournant, avec l’arrivée dans le dispositif des motos immatriculées entre 2020 et 2022. En théorie, tous ces véhicules devront être contrôlés avant la fin d’année en cours, sous peine de sanctions.
Les conditions ont par ailleurs été légèrement modifiées par les pouvoirs publics. Désormais, les contrôleurs doivent respecter un délai d’au moins une minute entre la validation des opérations et la remise des clés au propriétaire.
Cette précision figure dans l’arrêté du 19 décembre 2025, modifiant celui du 23 octobre 2023 :
« Un délai d’au moins une minute s’écoule entre la validation des opérations de contrôle d’un véhicule et la remise du véhicule. »
Dans les faits, il faut compter environ 50 euros pour 30 à 45 minutes de contrôle… et une minute supplémentaire réglementaire. Un non-sens dénoncé par la FFMC, qui y voit un symbole supplémentaire d’une réglementation jugée absurde.
L’Outre-mer, révélateur des limites du système ?
Sur le terrain, les centres de contrôle technique moto se sont multipliés. Certains affichent une réelle volonté de compréhension des spécificités du deux-roues, tandis que d’autres peinent encore à rassurer des usagers dubitatifs.
Délais, disponibilité des rendez-vous, interprétation des points de contrôle : l’expérience reste très variable selon les territoires d’Outre-mer. En Guyane, notamment, des témoignages d’usagers faisaient état autrefois de difficultés majeures. Ces réalités locales relancent un débat plus large : celui de l’application uniforme de normes métropolitaines dans des territoires éloignés, où les infrastructures et les usages diffèrent profondément.
À l’aube de 2026, le contrôle technique des deux-roues est désormais solidement ancré dans le paysage réglementaire français. Reste une question centrale : son acceptation.
Car au-delà de la sécurité routière, le CT2RM cristallise un rapport de plus en plus tendu entre usagers, institutions et politiques publiques. Un débat qui, manifestement, est loin d’être clos.
Ce qu’il faut savoir sur le contrôle technique moto
Quels points composent le contrôle technique moto ?
Voici une liste non exhaustive des principaux éléments soumis à examen :
- Authenticité et état de la plaque d’immatriculation
- Efficacité du freinage
- Direction
- Bon fonctionnement des feux
- État des suspensions
- État des roues (pneus, flancs, jantes)
- Nuisances sonores
- Contrôle pollution à l’échappement
Quels autres pays ont mis en place le CT moto ?
Plusieurs pays européens ont instauré un contrôle technique des deux-roues, c’est le cas de l’Allemagne, la Belgique ou encore l’Espagne. À l’inverse, le Portugal a officiellement rejeté fin 2024 l’instauration d’un contrôle technique périodique pour les deux-roues motorisés.
L’Outre-mer est-elle concernée au même titre que la métropole ?
Oui. Les territoires d’Outre-mer sont soumis aux mêmes directives européennes et aux mêmes obligations réglementaires que la métropole.
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