Chute de la production automobile en Europe : quels impacts pour les DROM ?
Par Frederic Olivieri | Le 16/02/2026 | Économie
La baisse de production automobile européenne entraîne retards, hausses de prix et délocalisations, impactant l’achat de voitures dans les DROM.
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En vingt ans, l’Europe a perdu près d’un tiers de sa production automobile. Un chiffre qui peut sembler lointain depuis la Guyane, La Réunion ou Mayotte, mais dont les conséquences se font déjà sentir dans les DROM. Allongement des délais de livraison, hausse des prix, choix de modèles plus restreint : cette chute de la production européenne n’est pas qu’un sujet industriel, elle impacte directement le quotidien des automobilistes ultramarins.
Pourquoi les constructeurs produisent-ils de moins en moins en Europe de l’Ouest ? Où sont désormais fabriquées les voitures que vous achetez dans les concessions des DROM ? Et surtout, à quoi faut-il s’attendre dans les prochaines années ? Décryptage d’une tendance lourde et de ses effets concrets en Outre-Mer.
Sommaire
Une production automobile européenne en net recul qui impacte les DROM
La baisse est progressive mais spectaculaire : en l’espace de deux décennies, la production automobile en Europe de l’Ouest est passée d’environ 16 millions de véhicules particuliers en 2005 à un peu plus de 10 millions aujourd’hui. Cela représente près de cinq millions de voitures produites en moins chaque année, soit une chute d’environ un tiers, et les chiffres officiels en France montrent que les DROM ne sont pas épargnés.
Les usines historiques ont été contraintes de se restructurer, de réduire leurs volumes, voire de fermer. Dans le même temps, la demande européenne n’a pas disparu, si bien que l’Europe de l’Ouest devient de plus en plus un marché d’importation plutôt qu’un territoire de production.
Pour les DROM, déjà dépendants des flux d’importation maritime, cette évolution accentue une réalité bien connue : la voiture arrive de plus en plus de loin, avec tout ce que cela implique en termes de coûts et de délais.
Des coûts devenus trop élevés en Europe de l’Ouest
La principale explication de cette tendance est économique, car produire une voiture en France, en Allemagne ou en Italie coûte beaucoup plus cher qu’il y a vingt ans. Le coût du travail, la fiscalité industrielle, les normes environnementales et énergétiques pèsent lourdement sur les marges des constructeurs.
Malgré l’ambition de la Commission européenne de stimuler le marché, certains modèles ont vu leur production migrer vers la Turquie, à Bursa, puis vers la Tchéquie. Dans ces pays, les salaires sont plus bas et la fiscalité plus avantageuse, sans pour autant sacrifier la qualité de fabrication.
Pour les constructeurs, ces économies compensent largement les frais de transport et de logistique. Pour les marchés éloignés comme les DROM, cela signifie en revanche des chaînes d’approvisionnement encore plus longues et plus sensibles aux perturbations…
Même les constructeurs allemands, historiquement très attachés à leur production nationale, ont franchi le pas. Pour les DROM, notamment pour les SUV allemands en Guadeloupe, ces choix industriels sont loin d’être neutres.
Des délais de livraison qui s’allongent dans les DROM
L’un des effets les plus visibles pour les automobilistes ultramarins concerne les délais, si bien que certains modèles récents nécessitent des délais qui peuvent être rédhibitoires pour certains automobilistes.
Malheureusement, cette situation est aggravée dans les DROM par des volumes d’importation plus faibles, une priorité souvent donnée aux marchés européens continentaux, et des contraintes logistiques spécifiques liées au transport maritime.
Pour un particulier ou un professionnel en Outre-Mer, cela peut signifier attendre plusieurs mois supplémentaires pour un véhicule neuf, voire se tourner vers un modèle différent ou vers l’occasion.
Quel avenir pour l’approvisionnement automobile en Outre-Mer ?
À moyen terme, rien n’indique un retour massif de la production en Europe de l’Ouest. Les constructeurs continuent d’optimiser leurs coûts et d’investir dans des zones plus compétitives.
Pour les DROM, l’enjeu sera de sécuriser les flux d’importation, de diversifier les sources d’approvisionnement et d’adapter l’offre aux réalités locales. Les professionnels du secteur devront également anticiper des délais plus longs et informer plus clairement les clients…
A retenir
- La production automobile en Europe de l’Ouest a chuté d’environ un tiers en vingt ans
- Les constructeurs délocalisent vers l’Europe de l’Est, la Turquie, le Maroc ou encore le Mexique
- Cette mondialisation allonge les chaînes logistiques, surtout pour les DROM
- Les prix peuvent subir une pression accrue en Outre-Mer
- Les automobilistes ultramarins doivent anticiper davantage leurs achats et leurs besoins, certains véhicules pouvant nécessiter plusieurs mois pour une livraison
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