Dossier: La décarbonation, l’enjeu pour les Outre-mer (II)

Par Redaction | Le 01/11/2023 | Economie | Économie et politique | Environnement | Green

La décarbonation est une véritable chance pour les Outre- mer

Passer de l’ancien au nouveau monde ne sera pas, on l’a dit, une transition douce et toujours agréable. Sans être collapsologue, on sait qu’il y aura des catastrophes, des zones devenues inhabitables, des problèmes économiques et des crises sans commune mesure avec celles que nous avons connues. Les Outre-mer ont toujours fait preuve de résilience et d’adaptation. Ces deux qualités fondamentales leur permettront de franchir les épreuves. Mais ce n’est pas tout.

Avec l’ancien monde qui vit ces dernières années ou décennies (2050, c’est dans moins de trente ans), la décarbonation, une bataille déjà très loin d’être gagnée dans l’Hexagone. Cependant, c’est un mur infranchissable pour des territoires fragilisés et soumis à des contraintes supérieures, sauf à ce qu’elle soit une occasion unique de voir les choses autrement. C’est voir les choses autrement qui rendra la vie dans les Outre-mer non seulement possible, mais aussi féconde pour ces territoires et, plus largement, pour le monde entier.

Comment préciser cet autrement si désirable ? D’abord en rappelant qu’il ne s’agit pas d’un nouveau monde qui efface l’ancien, mais qui en retient le meilleur. De même, il faudra encore beaucoup d’énergie fossile pour construire ce nouveau monde, comme il faudra aussi s’appuyer sur tous les fondements du monde actuel pour construire le suivant, mais en adoptant de nouveaux principes et en tirant les conséquences.

Quels sont ces nouveaux principes qui régissent dès maintenant le nouveau monde?

Principe 1: L’énergie sera durablement plus rare

Le premier, sans se tromper, consiste à affirmer dès à présent que l’énergie sera durablement plus rare. L’ère du pétrole nous a habitués à une énergie bon marché et extrêmement performante. Désormais, il faut compter sur une énergie plus rare, plus chère, qui nécessitera des coopérations et des arbitrages entre les différents usages, entre les plus essentiels et les plus superflus –, en sachant que cette distinction relèvera au moins autant d’une recherche du bien commun que du respect de libertés individuelles.


Ce n’est pas incompatible si l’on adopte cette définition de la liberté énoncée par Nelson Mandela et écrite sur le fronton du musée de l’Apartheid à Johannesburg : ‟For to be free is not merely to cast off one's chains, but to live in a way that respects and enhances the freedom of others”. Dans le nouveau monde, l’action individuelle, autrefois perdue dans une quête de consommation effrénée et insensée, pourra être inscrite, comme une nécessité vitale, dans la recherche de contribuer au bien commun.

Principe 2: L'autonomie des territoires est un préalable vital

Le second principe inéluctable reconnaît que l’autonomie des territoires (au sens de la subsidiarité) est un préalable vital et non une conquête marginale. La subsidiarité consiste à donner à chacun ce dont il a besoin pour remplir ses responsabilités. « L’appel de Fort de France », signé en 2022 par plusieurs présidents de collectivités d’Outre-mer, ne demande pas autre chose, du moins dans sa version publique.

Là où les Outre-mer étaient par construction vus comme l’extension d’un jardin à la française de lois, de normes et de procédures, orchestré par un Le Nôtre principalement parisien, la densité des questions à résoudre et à arbitrer, sans commune mesure dans le nouveau monde, rendent cette organisation colbertiste inefficace et dangereuse.

Il faut donc non seulement un service public irréprochable et efficace, mais aussi une responsabilité locale renforcée et un entrepreneuriat dynamique, qui sont tous deux seuls à même d’apporter des solutions aux problèmes à venir en exploitant le plein potentiel que donne la subsidiarité. Tous en ont conscience, il reste à l’organiser. En un mot, pour cela il faut aux responsables des compétences, pas seulement au sens juridique du terme, mais au sens métier.

Bien des catastrophes pourraient être évitées (on pense au problème honteux de l’eau à Mayotte, mais la liste est très longue) si on savait cultiver une autonomie qui sait faire appel à de vraies compétences, à une vraie coopération, fût-elle avec des partenaires externes, au lieu de laisser se déliter localement des questions complexes, sous prétexte d’une répartition jalouse et erronée de compétences juridiques entre le territoire et l’Etat.

Principe 3: Il nous faut tendre à une proximité accrue avec la nature

Réserve de biosphère de France - Source : Réserve biosphère D'Iroise

Le troisième principe est de tendre à une proximité nécessairement accrue avec la nature, qui est l’immense atout à protéger et à cultiver. Les territoires d’Outre-mer originellement tellement beaux ont été abîmés par des développements mal maîtrisés, ils doivent redevenir ce qu’ils étaient. Il faut traiter totalement les eaux usées, les déchets, organiser l’économie circulaire pour faire de ces derniers une ressource, protéger la biodiversité, retrouver la beauté des villes et des bords de route, corriger les laideurs architecturales qui ont envahi les paysages et les villes avec les errainces du passé…

La Martinique a par exemple récemment obtenu de l’Unesco le titre de « Réserve de biosphère », et plus récemment celui de « Patrimoine Mondial » pour la Montagne Pelée et les Pitons, c’est un cadre de progrès qui va exactement dans le bon sens, notamment dans celui de la décarbonation.

Réserver l’énergie plus rare à l’essentiel (renoncer à une abondance gloutonne et insatiable), organiser la subsidiarité (laisser émerger l’intelligence, les énergies et les responsabilités locales mais sans se priver de compétences clés disponibles ailleurs) et redonner à la nature son rôle (et cesser de l’abîmer sur l’autel du culte de la croissance) : ces trois principes ont de multiples conséquences que nous détaillerons dans le 3e volet de ce dossier.

Retrouvez ici les 2 autres volets de notre dossier en 3 parties:

Partie I

Partie III

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