Dossier: La décarbonation, l’enjeu pour les Outre-mer (III)

Par Redaction | Le 01/11/2023 | Economie | Économie et politique | Environnement | Green

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Pour les Outre-mer, la décarbonation est une transformation fondamentale et incontournable, elle est également une chance qui doit être saisie dès maintenant. Réserver l’énergie plus rare à l’essentiel, organiser la subsidiarité et redonner à la nature son rôle : ces trois principes ont de multiples conséquences que nous détaillons ici. Voici le dernier volet de notre dossier en 3 parties.

Les conséquences des principes qui régissent dès maintenant le nouveau monde

L’énergie décarbonée rare (et donc chère) va révolutionner la vie économique des territoires dans toutes ses dimensions (pour rappel : électricité, agriculture, bâtiment, production et mobilité).

La mobilité dans les Outre- mer

Arrêtons-nous sur la mobilité dans les Outre-mer. Il n’est que temps de l’anticiper. Par exemple, il faut, bien sûr, développer les formes modernes et intelligentes de transport en commun et de covoiturage, avec un modèle d’organisation reposant sur la mobilité partagée aux antipodes de celui actuel (réseaux de bus traditionnels), qui induit trop souvent des grèves et des dysfonctionnements incessants et prend en otage les usagers.

Il faut aussi construire, dès maintenant, environ 200 km de pistes cyclables sécurisées dans chaque territoire le long des axes clés (sauf peut-être à Clipperton et aux Kerguelen !), à moins de décider que seuls les moyens coûteux pour leurs utilisateurs et pour l’environnement permettront de se déplacer à l’avenir. Des vélos à assistance électrique aideront à franchir les pentes, tandis que quelques astuces (équipements individuels, prévisions météo ultra-locales, douches sur les lieux de travail) permettront de s’affranchir des aléas météorologiques.

Les vols transatlantiques seront plus rares, il faut dès à présent orienter le tourisme vers la qualité plutôt que vers la quantité, le tourisme de masse insulaire n’ayant aucun avenir. Les vols disponibles, rendus abordables pour garantir la continuité territoriale, seront trop précieux pour les insulaires autochtones, leurs familles et leurs amis, et assurer les échanges économiques indispensables.

L'autonomie des Outre- mer

L’autonomie alimentaire et énergétique ainsi que la constitution d’une industrie locale pour satisfaire les besoins de base devront être recherchées pour créer des emplois locaux qui depuis longtemps ont disparu. Les Outre-mer pourront s’appuyer sur le formidable potentiel entrepreneurial qui y réside. L’autonomie va de pair avec la responsabilité ; l’évolution du système politique permettra une meilleure responsabilité locale, ce qui n’empêche pas une gestion partagée des problématiques complexes avec des compétences clés, et une véritable coopération avec un État efficace et protecteur sur les questions régaliennes.

La proximité avec la nature

Enfin, la proximité avec la nature n’est pas une simple expérience individuelle, ni même une incantation écologiste. C’est toute une société qui peut être transformée par cette proximité, qui appelle dialogue, respect et projets en commun. Qui a déjà participé à une opération « Pays propre » (ramassage d’ordures par des équipes de bénévoles) sait bien le dégoût que suscite toute cette pollution à nettoyer, mais aussi toute la joie collective qu’il y a à prendre soin de son pays de naissance, ou d’adoption, fût-ce pour quelques années. Qui a laissé un temps sa voiture pour circuler à vélo sait le bienfait qu’apporte un rythme de vie proche du terrain, des gens, ainsi que les effets positifs qu’il produit sur sa santé physique et mentale.

L'avenir de la jeunesse ultra- marine

Par dessus tout, un sujet majeur, trop souvent négligé, conditionne tous les autres, et il a sa place dès maintenant dans le nouveau monde à venir : la jeunesse. Historiquement, les jeunes talentueux des Outre-mer n’y restent pas pour la plupart. Ils quittent le territoire une fois le Bac en poche, et pour de multiples raisons ne reviennent pas travailler au pays. Cela fait plus de cinquante ans que cela dure, et recruter des Ultra-marins dans leur territoire d’origine demande une énergie considérable.

Réinvestir dans le système éducatif est une priorité absolue pour le présent et pour l’avenir, cela manifeste et concrétise l’intérêt de la société pour les jeunes. Sur l’année scolaire 2019-2020, en Martinique, les lycées publics ont été fermés la quasi-totalité de l’année : pour près de la moitié (l’autre moitié étant due au Covid) ces fermetures étaient intervenues à cause de grèves des services généraux qui avaient mis un simple cadenas sur les portails d’entrée, empêchant les enseignants d’entrer. Qui s’en souvient ? Qui a réagi ? L’État impuissant a, à travers le Rectorat, signé là l’arrêt de mort d’une civilisation, celle qui ne se préoccupe plus de ses jeunes, préférant se focaliser sur les revendications salariales d’une ultra-minorité d’adultes.

Remettre en place un service public de l’éducation irréprochable et investir massivement dans l’enseignement supérieur seraient le signal qu’un jeune peut croire en l’avenir du territoire où il a grandi. Cela n’empêchera pas les jeunes de parcourir le monde, mais le jour où l’on fera en sorte que les Outre-mer ne soient pas vidés de leurs talents, on aura ouvert une porte sur leur avenir et sur celui des territoires considérés.

Décarboner n'est pas une transition mais une transformation profonde, c'est un défi considérable

Pour les Outre-mer, la décarbonation est une transformation fondamentale et incontournable, elle est également une chance qui doit être saisie dès maintenant. Au fond, il est avant tout question d’énergie : celle qui doit se substituer aux énergies fossiles, y compris dans tous les échanges extérieurs et dans tout le tissu économique, celle qui doit émerger de populations plus responsables et volontaires pour prendre en main leur destin, en sachant coopérer avec les compétences du monde entier et celle enfin qui naît de la proximité avec la nature, de laquelle pourront renaître la résilience, l’équilibre et la beauté, dans une forme d’écologie du bien commun. Le nouveau monde décarboné est une chance pour les Outre-mer, à condition d’y travailler dès maintenant.

Retrouvez ici les 2 autres volets de notre dossier en 3 parties:

Partie I

Partie II

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