Philippe Delunsch : « En Guyane, l’enjeu de l’énergie est entre les mains d’EDF »

Par Redaction | Le 12/08/2021 | Économie et politique

Pourquoi avez-vous décidé de vous lancer dans la commercialisation de véhicules électriques en Guyane ?  

Carlos Tavares, le PDG de PSA qui appartient désormais au groupe Stellantis, a pris le taureau par les cornes, sans pour autant être convaincu à 100% du tout électrique. De cette volonté sont nés plusieurs modèles électriques puis l’offre de Peugeot et Citroen sur cette énergie s’est multipliée.

Il nous a imposé à nous distributeurs-importateurs de rentrer dans la bataille. Deux solutions se sont donc offertes à nous : refusez et se mettre tout le monde à dos, ou bien dire oui et y aller à fond, sans se poser de questions ! C’est ce qu’on a fait à Somasco en Guyane.

Depuis 2021, la concession Somasco distribue en Guyane la marque chinoise 100% électrique MG – crédits ED

Comment avez-vous démarré ce nouveau processus ? 

On a commencé par investir dans un réseau de bornes de recharges sur les zones de livraison et nos ateliers à Cayenne, Saint-Laurent-du-Maroni et Kourou, mais aussi au port de Dégrad des Cannes, les zones de démonstration et les parkings clients en concession. La deuxième étape a été la formation des équipes de ventes et de services après-vente pour enfin commencer à commercialiser. 

Il y a une multitude d’offres de borne de recharge. Comment choisir la ou les bonnes ?

On a packagé deux types de bornes : pour les particuliers ou les entreprises, nous avons travaillé avec notre électricien qui réalise une pré-visite chez le client qui souhaite acquérir un véhicule électrique notamment pour s’assurer de la bonne mise à la terre de l’installation électrique à domicile et de la position du compteur électrique. Car ce qui coute le plus cher dans l’installation d’une borne connectée, c’est le câble. Si jamais l’installation est difficilement adaptable à la borne connectée, on installe une borne classique de la Guyanaise d’Électricité directement branchée à une prise électrique. 

« Ce qui est cher dans l’installation d’une borne, c’est son câble » 

En Guyane combien de temps faut-il aujourd’hui pour recharger vos modèles ? 

C’est la taille du tuyau de chargement qui compte. Sur un courant continue de 50kw un VE de type e-208 se recharge en 2h40 contre 8h avec un courant continue de 7,4kw. En Guyane, pour avoir un important volume de bornes électriques il faut apporter de la haute-tension et le réseau n’est pas encore adapté. Nous avons l’énergie la plus verte de France car 67% de notre électricité est produite par le barrage de Petit-Saut mais elle n’est pas suffisante pour alimenter un gros volume de bornes. C’est la limite du système : la capacité de produire de l’énergie. L’enjeu est entre les mains d’EDF.

N’est-ce pas périlleux de lancer une commercialisation sans infrastructure ? 

S’il n’y en a pas un qui commence et qui est volontaire, personne ne fera rien. Moi pour l’instant, je fais avec les puissances que je trouve et je vends du véhicule hybride et électrique. Ensuite, plus on va voir de véhicules électriques sur les routes plus les guyanais vont en parler et s’y intéresser, plus la CTG fera des efforts, plus EDF s’adaptera car ils n’auront plus le choix ! Quand le consommateur consomme, les infrastructures doivent suivre.

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