RSMA en Martinique : roulez jeunesse !

Par Gauthier Dupraz | Le 01/10/2021 | Économie et politique

Depuis 1966, une trentaine de jeunes déscolarisés ou en réorientation professionnelle passent chaque année par les ateliers automobiles de Basse Gondeau. En ce vendredi matin, l’ambiance est studieuse au sein du garage auto du régiment. Les futurs récipiendaires appliquent les instructions de leur engagé volontaire du service militaire (EVSMA) accompagnés de leurs volontaires techniciens (VT), souvent de jeunes martiniquais qui sont eux-même passés par la case « stagiaire » avant d’occuper leur poste actuel. Au programme ce jour-là, changement d’un pneu ou réparation de bas de caisse pour les futurs carrossiers. 

Après une formation militaire initiale, les recrues enchaînent les cours et leur mise en application en atelier entrecoupés de stages en entreprise durant 9 mois. Des compétences et une expérience acquises par les bénéficiaires de ce séjour au régiment qui ne laissent pas indifférents les professionnels du secteur automobile. Le sérieux, la rigueur et la technicité enseignés par le régiment sont des critères que de nombreux chefs d’entreprise recherchent sur l’île. En témoigne le taux d’insertion général annuel des stagiaires (toutes formations confondues) à l’issue de leur formation qui oscille entre 75 et 85 %. 

RSMA Martinique
La formation de base des carrossiers : le changement de roue – crédits GD

Pour de nombreux pensionnaires du RSMA, la formation qu’ils poursuivent rime avec passion. C’est le cas de Joshua, 20 ans, volontaire stagiaire. « Depuis tout petit, je rêve de rouler avec certaines voitures et de travailler dessus aussi. Je rêvais par exemple, de conduire l’automobile de mon père, une Clio. Comme j’aimais beaucoup mon père, c’était pour moi la voiture de mes rêves », raconte sobrement le futur mécanicien qui espère pouvoir un jour créer son entreprise. 

Formation et passion comme clé du succès

Cette formation est aussi perçue par les principaux intéressés comme une véritable « école de la deuxième chance ». « Personnellement, j’étais dans un foyer quand j’étais mineur. J’avais des problèmes, j’étais déscolarisé. Et comme j’avais rien à faire de mon temps, je me suis intéressé à l’automobile. Cela m’a permis d’améliorer mes connaissances et mon état d’esprit. Aujourd’hui, je continue à apprendre et je suis heureux de ça », explique en toute franchise Adrian, 18 ans.

La plupart des histoires personnelles de ces apprentis ainsi que de leurs formateurs ont été souvent semées d’embuches. « Mon parcours scolaire était désastreux, peut-être même pire que celui de mes jeunes (…) », lance sans détour, le caporal chef en charge de la filière carrosserie/peinture, Cédric Seul. Il ajoute : « nos stagiaires, il faut simplement arriver à les stimuler (…). Maintenant, chaque jeune a ses problèmes à la maison donc on en parle aussi. Mais il faut avoir aussi ce relationnel dans lequel il peut être libre de dire ce qu’il veut, sans jugement ou arrière-pensée ». 

Au-delà de l’aspect purement scolaire et professionnel, les rapports humains sont une clé de voûte importante dans le bon fonctionnement du régiment. Une notion dont les formateurs ont conscience et qu’ils entretiennent du mieux possible. 


La section mécanique en quelques chiffres :

Les deux filières mécanique et carrosserie accueillent en tout 50 stagiaires par an. Si on ajoute la mécanique nautique, l’effectif monte à 65.

Le taux de féminisation de la section est d’environ 10%. Ce taux augmente assez lentement d’année en année mais le RSMA note une « progression » depuis quelques années.

Le taux d’insertion dans des entreprises à l’issue de la formation est de 80%. C’est l’un des plus hauts taux d’insertion pour un organisme de formation selon le régiment.

Les perspectives d’évolution de la section :

La section dit « s’adapter sans cesse aux besoins des entreprises ». Elle renouvelle son matériel régulièrement pour coller au plus près à la réalité en entreprise et pour faire en sorte que les stagiaires soient employables immédiatement.

La formation évolue et inclue désormais l’entretien des climatisations des voitures. A plus long terme, la section se prépare à l’arrivée des véhicules électriques. « Les mises à jour des qualifications des formateurs et l’acquisition du matériel d’instruction sont déjà à l’étude », assure le RSMA.

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